Derrière les vitres du TGV qui la mène régulièrement de Paris à Lyon, Christine Crozat poursuit
une sorte de promenade mentale. Pendant ses allers et retours, elle note et dessine directement
sur une feuille de papier les fragments d'un paysage qui disparaît, le vol des oiseaux, un
champ de colza, une girouette sur un clocher ; son regard parcimonieux prélève au gré des
trajets les formes furtives qui viennent se superposer aux souvenirs et aux projections plus
intimes de la conscience.
De grands dessins, réalisés entre 2007 et 2009, sont plus particulièrement inspirés par le mobilier
urbain. Sur les papiers fins et transparents cohabitent horloges, panneaux de signalisation,
noms de rues et pictogrammes rencontrés au cours de déambulations à Lyon et à Prague, ou
bien encore lors de voyages en Suisse, en Italie, en Allemagne et plus récemment en Géorgie.
Anodins et invisibles à force d'être vus, ces éléments épars participent à la recomposition
d'espaces poétiques et ludiques qui invitent le spectateur à une nouvelle circulation. Une suite de
dessins, exécutée à Caen, complètera et renforcera la cohérence de cet ensemble placé sous le
double signe de la mobilité et de la légèreté.
Les vidéos, conçues et réalisées avec Pierre Thomé, s'inscrivent résolument dans la même
veine. Elles transforment les actions et les choses du quotidien en récits à moins qu'elles ne les
convertissent, comme dans Galata, en un séduisant ballet de signes graphiques. |

©Christine Crozat,
Musée Paul Dini, 2007 |