Exposition temporaire

L'œuvre en question
Depuis janvier 2006, le musée poursuit un cycle d'expositions-dossiers fondés sur le commentaire approfondi d'une oeuvre connue ou méconnue de ses collections. Chaque tableau est ainsi analysé au regard de son environnement historique, artistique et iconographique.
Publications > en vente à la librairie du musée, Éditions musée des Beaux-Arts de Caen. 8,50 euros

Damoclès, Thomas Couture

L'Œuvre en question (6)
28 octobre 2009 - 31 Janvier 2010

Après avoir connu un véritable triomphe au Salon de 1847 avec Les Romains de la décadence (Paris, musée d'Orsay) et reçu plusieurs commandes importantes sous la Monarchie de Juillet et le Second Empire, Thomas Couture s'éloigne de la scène artistique à  la fin des années 1850 pour se consacrer à  l'enseignement et satisfaire aux goûts de ses collectionneurs, en particulier américains. Après dix-huit années d'absence, Couture choisira pourtant de revenir au Salon en 1872 et d'y exposer son Damoclès, une peinture commencée au début des années 1860 et achevée en 1866.
Le propos moralisateur et la forme allégorique de l'oeuvre, associés à  un sujet antiquisant, suscitent l'incompréhension. Louée par les uns pour ses qualités plastiques, elle est critiquée en revanche par les thuriféraires du réalisme qui dénoncent son caractère énigmatique et démodé. Exemplaire d'un éclectisme pictural mêlant tradition et modernité, le tableau apparaït en décalage avec les courants dominants à  cette époque. Il constitue cependant pour Thomas Couture une sorte de testament artistique en même temps qu'il exprime ses désillusions à  l'égard du pouvoir.
Organisée avec le concours de Bénédicte Ottinger, spécialiste de l'artiste, l'exposition permet de réunir les dessins et les documents en rapport avec Damoclès, de suivre le processus créateur de Couture ainsi que la manière dont il orchestrait la diffusion de ses oeuvres. Elle est aussi l'occasion d'évoquer la personnalité du bronzier Ferdinand Barbedienne qui fut l'ami de Couture, son exécuteur testamentaire et l'un des propriétaires du tableau avant son arrivée au musée de Caen en 1901.